dimanche 21 décembre 2014

Quatrième dimanche de l'Avent

Rembrandt "Annonciation"

Le roi David dit au prophète Nathan: «Vois donc! J’habite dans une maison en cèdre, tandis que l’arche de Dieu est installée au milieu d’une tente.» Nathan répondit au roi: «Vas-y, fais tout ce que tu as dans le cœur, car l’Eternel est avec toi.» La nuit suivante, la parole de l’Eternel fut adressée à Nathan: «Va annoncer à mon serviteur David: ‘Voici ce que dit l’Eternel: Est-ce à toi de me construire une maison pour que j’y habite ? L’Eternel t’annonce qu’il va te faire lui-même une maison : quand ta vie prendra fin et que tu seras couché avec tes ancêtres, je ferai surgir après toi ton descendant, celui qui sera issu de toi, et j’affermirai son règne.’ » (2 Samuel 7,2-5.11-12)

Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, chez une vierge fiancée à un homme de la famille de David, appelé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. L’ange entra chez elle et dit: «Je te salue, toi à qui une grâce a été faite, le Seigneur est avec toi. Tu es bénie parmi les femmes.» Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation. L’ange lui dit: «N’aie pas peur, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu seras enceinte. Tu mettras au monde un fils et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son ancêtre. Il régnera sur la famille de Jacob éternellement, son règne n’aura pas de fin.»  (Luc 1,26-33)

Décidément, la logique de Dieu est décoiffante.
A l’apogée de son règne et après avoir triomphé de tous ses ennemis, David veut simplement montrer sa gratitude : construire une maison à Dieu, un superbe temple fonctionnel et cosy, cela s’appelle lui rendre un sacré service, n’est-ce pas ? Et puis il faut bien admettre aussi qu’adorer un Dieu sans domicile fixe ne fait pas très sérieux vis-à-vis des royaumes voisins. Sans compter qu’il est toujours utile de loger Dieu dans un lieu suffisamment proche où il restera à coup sûr : on n’est jamais trop prudent!
Mais non. Dieu explique patiemment au roi, par l’intermédiaire du prophète Nathan, que ce n’est pas à l’homme de faire des projets pour Dieu, et que les maisons de pierres ne l’intéressent pas. Il promet de construire lui-même une « maison », qui signifie aussi « dynastie » en langue hébraïque : le descendant de David règnera après lui pour toujours. Sauf que... l’histoire n’a pas vraiment donné suite à cette promesse : la dynastie se disloque, le royaume est envahi, le Temple est détruit une fois et, plusieurs siècles plus tard, le peuple attend encore ce Fils de David qui tarde quelque peu à se montrer. 

C’est à ce moment là qu’une jeune fille nommée Marie reçoit une visite inattendue. Marie, pour dire les choses brièvement, n’est pas une personne importante. Femme modeste, même pas encore mariée, elle n’a ni pouvoir, ni argent, ni expérience à faire valoir. Et voilà qu’un ange vient lui annoncer que c’est elle qui mettra au monde l’héritier du trône de David, alors que cette prophétie, proclamée des siècles auparavant, a été jusque là démentie. Et ce en dépit des efforts des puissants rois davidiques !

Vraiment, la logique de Dieu n’est pas la nôtre.
En refusant le Temple que lui offre David, Dieu rappelle que son œuvre à lui, depuis des générations, est faite de pierre vivantes et non de de briques. Les civilisations successives montrent, en laissant leur ruines derrière elles, que rien n’est jamais éternel : les édifices les plus spectaculaires finissent tous un jour par s’écrouler, et par ne refléter plus qu’une gloire passée. Plutôt qu’avec des cailloux, Dieu préfère construire grâce à l’homme vivant et à sa fidélité. D’ailleurs, il se moque bien du spectaculaire : quand il veut accomplir sa promesse et affirmer sa présence dans notre histoire, ce n’est pas le Temple de Jérusalem qu’il choisit, mais les entrailles d’une humble servante.
Il revient à nous autres chrétiens de devenir, à notre tour, des pierres vivantes du grand édifice qu’est la maison de Dieu : comme David et Nathan, comprendre qu’en dehors de la relation passionnelle et obstinée de Dieu avec les siens, tout est secondaire ; comme Marie, oser dire oui à la naissance de Dieu en nous.

1 commentaire:

  1. La logique de Dieu est décoiffante....et heureusement! Ainsi on n'a pas besoin de passer à MTV ou de battre le record du triathlon pour avoir de la valeur...Merci Noriane pour ton blog, la classe! Luc MR

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