dimanche 30 novembre 2014

Premier dimanche de l'Avent


Si seulement tu déchirais le ciel et tu descendais, les montagnes s’effondreraient devant toi ! (Esaïe 63,19)

C’est comme un homme qui part en voyage : il a laissé sa maison, confié à ses serviteurs l’autorité, à chacun sa tâche, et il a donné au portier l’ordre de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison va venir, le soir ou au milieu de la nuit, au chant du coq ou le matin, de peur qu’il n’arrive à l’improviste et ne vous trouve en train de dormir. (Marc 13,34-36 )


Etrange contradiction que nous donnent à lire les textes de ce jour !
Le prophète Esaïe pleure l’absence de son Dieu, qu’il supplie de revenir au milieu de son peuple. Voilà la belle leçon des anciens, celle que nous pouvons lire dans nombre d’écrits de l’Ancien Testament : la confiance en un Dieu agissant. Désirer Dieu nous projette au-delà de nous-mêmes et libère les pensées qui, jusque là, tournaient furieusement autour de notre propre personne. Comme il est doux de laisser reposer son existence entière sur celui dont on ne saurait se passer ! Le prophète élève sa voix impérieuse : « Reviens, toi qui peux tout, auprès de nous qui ne pouvons rien ! »

Marc l’évangéliste, en l'occurrence, propose une toute autre approche : celle de l’agir responsable. A la question : « Comment attendre le maître qui s'absente et tarde à revenir ? », la réponse offerte par Marc ne souffre aucune ambiguïté : « En le servant avec toute notre volonté ! » Les livres du Nouveau Testament portent les stigmates des persécutions des premiers chrétiens, et ils représentent le témoignage des communautés qui s’interrogent sur leur avenir dans un monde qui, souvent, ne leur fait pas de cadeau. Dans la première lettre aux Corinthiens, L’apôtre Paul les encourage : « Continuez ! Qu’importe les peines et la rudesse du chemin, avancez et construisez le Royaume ! » Jésus, dans l’évangile de Marc, ne dit pas autre chose. Il invite les serviteurs à se mettre à leur poste et à travailler sans relâche. Dira-t-on assez que tout au long de son ministère, en guérissant des malades ou en appelant ses disciples, Jésus a relevé des gens qui vivaient assis, a remis en mouvement ceux qui ne pouvaient – ou ne voulaient – plus ?

Tout l’Avent tient dans ces deux attitudes, qu’Ignace de Loyola a si bien résumées : « Que la première règle de vos actions soit d’agir comme si le succès dépendait de vous et non de Dieu, et de vous abandonner à Dieu comme s’il devait tout faire à votre place ». 
Entre la confiance tranquille et l’action responsable, entre le « tout attendre » et le « tout faire », les croyants ont hérité d'une voie médiane... qu'il leur incombe de trouver.